L’Association canadienne de l’ergothérapie et Orthophonie et Audiologie Canada lancent un appel à l’action alors que les retards dans l’application du principe de Jordan et de l’Initiative : Les enfants inuits d’abord, privent les enfants des Premières Nations et des Inuits d’accès à des soins essentiels

Le 19 janvier 2026 – OTTAWA, Ont. – L’Association canadienne de l’ergothérapie (ACE) et Orthophonie et Audiologie Canada (OAC) demandent au gouvernement fédéral de prendre des mesures immédiates et durables afin d’éliminer les obstacles qui empêchent les enfants et les familles des Premières Nations et des Inuits d’avoir accès à des services de santé essentiels en vertu du principe de Jordan et de l’Initiative : Les enfants inuits d’abord, en particulier dans les communautés autochtones du Nord et des régions éloignées.

Ensemble, l’ACE et OAC représentent des milliers de prestataires de services de santé d’un bout à l’autre du Canada, qui sont les témoins directs des répercussions en cascade du sous- financement et de l’inaccessibilité des services. Malgré les promesses du principe de Jordan et de l’Initiative : Les enfants inuits d’abord, qui ont été conçus pour garantir aux enfants des Premières Nations et aux enfants inuits, respectivement, un accès rapide aux services de santé, aux services sociaux et aux services éducatifs dont ils et elles ont besoin, beaucoup continuent de subir des retards inacceptables ou des refus de services. Les membres de l’ACE et d’OAC signalent de longs délais d’attente, des processus de financement complexes et des interprétations incohérentes du principe de Jordan qui créent des obstacles à la prestation de soins en temps opportun, tandis que la clientèle souffre.

« Le principe de Jordan n’est pas une simple prime. Il existe pour garantir que les enfants des Premières Nations reçoivent les soins dont ils et elles ont besoin, où et quand ils et elles en ont besoin. Les ergothérapeutes aident les enfants à accomplir des tâches quotidiennes que beaucoup considèrent comme acquises, comme se laver en toute sécurité, se préparer pour l’école, apprendre, jouer et participer à la vie familiale et communautaire. Les ergothérapeutes travaillent directement dans les domiciles, les écoles et les communautés afin de rapidement mettre en place des soutiens pratiques. Lorsque l’accès à ces services essentiels est retardé, les enfants se voient refuser les soins auxquels elles et ils ont légalement droit, et les familles sont laissées seules face à des systèmes complexes. »
– Irving Gold, directeur général de l’Association canadienne d’ergothérapie

« Les services d’orthophonie et d’audiologie sont des services de santé essentiels en vertu du principe de Jordan et sont essentiels à la capacité des enfants à communiquer, à apprendre et à s’épanouir. Les obstacles administratifs persistants retardent l’accès aux soins, ce qui a des conséquences réelles pour les enfants et les familles des Premières Nations. Nos membres jouent un rôle essentiel dans le soutien à la santé communicationnelle, à la revitalisation linguistique et aux soins respectueux des cultures, mais l’accès reste inégalitaire. Le gouvernement fédéral doit aborder ces obstacles afin que chaque enfant puisse recevoir les services dont elle ou il a besoin quand elle ou il en a besoin. »
– Luciana Nechita, directrice générale d’Orthophonie et Audiologie Canada

« Chaque enfant des Premières Nations a le droit d’accéder en temps opportun et de manière équitable aux soins de santé dont il ou elle a besoin pour mener une vie heureuse et saine. Cela inclut les services d’ergothérapie, d’orthophonie et d’audiologie qui les aident à s’épanouir. Les retards persistants et les obstacles systémiques qui nuisent au système du principe de Jordan font du tort aux enfants et à leurs familles. Chiefs of Ontario demandent au gouvernement fédéral de prendre des mesures immédiates et signifiantes pour éliminer ces obstacles et respecter leurs obligations en vertu des traités ainsi que leurs obligations légales et fiduciales afin de garantir qu’aucun enfant ne soit laissé pour compte dans l’attente de ces services essentiels. »
– Abram Benedict, chef régional de l’Ontario, Chiefs of Ontario

L’ergothérapie joue un rôle essentiel dans la gestion de la douleur, le rétablissement et la réadaptation. Elle aide les enfants, les jeunes et les familles en abordant les difficultés fonctionnelles liées aux blessures, aux handicaps, à la santé mentale, à la douleur chronique et à la participation quotidienne à la maison, à l’école et dans la communauté. Les orthophonistes et les audiologistes jouent un rôle essentiel dans le soutien au développement de la communication, à la santé auditive, à l’apprentissage et à l’acquisition du langage, y compris les efforts de revitalisation linguistique dans les communautés autochtones.

Lorsque ces services ne sont pas disponibles, les personnes se retrouvent sans les outils, les stratégies ou le soutien nécessaires pour gérer en toute sécurité la douleur chronique, les traumatismes ou les limitations fonctionnelles. Face à ce vide, trop de personnes se tournent vers des moyens non réglementés ou dangereux pour faire face à la situation, ce qui alimente les cycles de dépendance, aggrave la santé mentale et accentue les difficultés sociales et économiques.

L’Alberta reconnaît le Mois de la parole et de l’audition à perpétuité

OAC a l’immense plaisir d’annoncer une étape historique pour nos professions en Alberta. À la suite d’importants efforts de sensibilisation et d’une collaboration continue d’OAC avec le cabinet de l’honorable Adriana LaGrange, ministre des Soins primaires et préventifs, le gouvernement de l’Alberta a officiellement déclaré le mois de mai « Mois de la parole et de l’audition » à perpétuité.

Cette réussite est le résultat du travail assidu d’OAC auprès du cabinet de la ministre LaGrange sur divers sujets de sensibilisation, qui a mis en évidence l’importance fondamentale de la santé de la communication et la nécessité vitale d’un dépistage et d’une intervention précoces.

Dans une lettre adressée à Luciana Nechita, chef de la direction d’OAC, la ministre LaGrange a salué les efforts déployés par l’association pour promouvoir le rôle des orthophonistes, des audiologistes et des aides en santé de la communication. Elle a souligné que le travail de nos membres non seulement améliore la qualité de vie des Albertaines et des Albertains tout au long de leur vie, mais réduit également le besoin à long terme de soutiens sociaux et de soins de santé plus intensifs.

Ce statut « à perpétuité » représente une victoire importante pour nos membres et leurs patients. Il garantit que chaque année, au mois de mai, les contributions essentielles des professionnels de la santé de la communication seront reconnues et célébrées dans toute l’Alberta, sans qu’un renouvellement annuel soit nécessaire.

OAC tient à remercier la ministre LaGrange de son soutien et de sa reconnaissance du rôle important que jouent nos membres dans l’amélioration de la qualité de vie de la population canadienne. Nous nous réjouissons de poursuivre notre travail de défense des intérêts afin de veiller à ce que la santé de la communication demeure une priorité sur la scène nationale et provinciale.

Lire l’annonce

OAC poursuit son plaidoyer en faveur de l’inclusion au Programme canadien d’exonération du remboursement des prêts d’études

Le Programme canadien d’exonération du remboursement des prêts d’études vise à réduire la pénurie de main-d’œuvre dans les collectivités rurales et éloignées en offrant une exonération du remboursement des prêts d’études fédéraux aux personnes qui exercent une profession admissible dans les domaines de la santé et des services sociaux. Bien que le gouvernement ait récemment élargi le programme pour y inclure dix professions supplémentaires, les orthophonistes et les audiologistes n’en font toujours pas partie.

Comme il est expliqué dans la récente soumission d’OAC dans le cadre d’une consultation (en anglais), cette exclusion constitue une préoccupation majeure pour nos professions. Les orthophonistes et les audiologistes fournissent des services essentiels en matière de diagnostic, de traitement et de réadaptation. Ne pas inclure nos professions, c’est ignorer la pénurie grave et croissante d’orthophonistes et d’audiologistes qui sévit dans les régions rurales et éloignées, où l’accès aux services liés à la communication, à la déglutition, à l’équilibre et à l’audition est déjà limité.

Parallèlement à cela, les orthophonistes et les audiologistes partout au Canada doivent composer avec une charge de travail élevée, des effectifs limités, des contraintes en matière de ressources et l’épuisement professionnel, autant de facteurs qui ont une incidence sur la disponibilité et l’uniformité des soins à l’échelle nationale.

OAC a régulièrement soulevé cette question lors de consultations fédérales, dans des mémoires prébudgétaires et dans le cadre de discussions directes avec des représentants du gouvernement. Nous continuons d’exhorter le gouvernement à mettre à jour le Règlement fédéral sur l’aide financière aux étudiants et le Règlement fédéral sur les prêts aux étudiants afin d’y inclure explicitement les orthophonistes et les audiologistes.

Bien que nos professions demeurent exclues, OAC poursuit ses efforts de sensibilisation avec détermination. Nous continuerons d’informer nos membres de l’évolution de cette question.

Passez à l’action : contactez votre député

Nous encourageons les membres d’OAC à contacter leur député fédéral pour lui faire part de leurs préoccupations concernant l’exclusion des orthophonistes et des audiologistes du Programme canadien d’exonération du remboursement des prêts d’études.

Vous pouvez :

  1. Utiliser l’outil Trouvez un député pour obtenir les coordonnées de votre député;
  2. Personnaliser et envoyer le modèle de lettre d’OAC à votre député.

L’ajout d’un bref exemple provenant de votre pratique ou de votre collectivité pourrait renforcer encore davantage votre message.

La Saskatchewan est confrontée à une pénurie d’orthophonistes, mais un nouveau programme local offre un espoir

À la fin du mois d’octobre 2025, Jennifer Cameron-Turley, gestionnaire provinciale d’OAC chargée de la défense des intérêts pour la Saskatchewan, s’est entretenue avec Abby Zieverink, reportrice au bulletin d’information du matin de la station de radio CJME à Regina. Elles ont discuté de la pénurie actuelle d’orthophonistes dans la province et des répercussions de cette pénurie sur les cliniciens et cliniciennes ainsi que sur leurs patients. L’ouverture du nouveau programme de maîtrise en orthophonie à l’Université de la Saskatchewan, qui accueillera sa première cohorte de 40 étudiants et étudiantes en septembre 2026, laisse espérer que le recrutement et la rétention des orthophonistes s’amélioreront considérablement dans l’avenir. L’article, publié le 19 décembre 2025, présente le point de vue de trois étudiants diplômés qui ont récemment dû quitter la Saskatchewan pour poursuivre leurs études en orthophonie hors de la province, illustrant ainsi pourquoi un programme provincial est si nécessaire. Nous remercions CJME980 et Abby Zieverink d’avoir contribué à mettre en lumière ce sujet extrêmement important.

Lien de l’entrevue (en anglais)

L’Alberta présente le projet de loi 13, intitulé Regulated Professions Neutrality Act

Le 9 décembre 2025, le gouvernement de l’Alberta a adopté le projet de loi 13, connu sous le nom de Regulated Professions Neutrality Act (loi sur la neutralité des professions réglementées). Cette loi modifiera la manière dont les organismes de réglementation professionnelle supervisent leurs membres, notamment l’Alberta College of Speech-Language Pathologists and Audiologists (l’ordre des audiologistes et des orthophonistes de l’Alberta, ACSLPA). Le principe au cœur du projet de loi est la protection de la liberté d’expression des professionnels réglementés, en veillant notamment à ce que les membres ne puissent faire l’objet de mesures disciplinaires pour des « conduites expressives » en dehors du travail, pourvu que ces propos ne constituent pas une infraction pénale, une menace de violence, une inconduite sexuelle ou une violation directe des limites professionnelles avec un client.

Le projet de loi 13 imposera de nouvelles restrictions sur la portée de la formation continue que les ordres de réglementation peuvent imposer en Alberta. La loi interdit explicitement aux organismes de réglementation d’exiger de leurs membres qu’ils suivent une formation sur des sujets « sociaux, politiques, culturels ou idéologiques », tout en mentionnant spécifiquement l’équité, la diversité et l’inclusion (ÉDI), les préjugés inconscients et la compétence culturelle. Les organismes de réglementation ne pourront exiger une formation sur des questions politiques, historiques, sociales ou culturelles que si celle-ci est directement liée à la compétence professionnelle ou aux normes éthiques minimales, et qu’elle ne cherche pas à dicter l’éventail des opinions ou des croyances acceptables ou inacceptables sur toute question politique, historique, sociale ou culturelle ou sur une question de conscience. Cette mesure vise à limiter la surveillance réglementaire à la compétence professionnelle et aux normes éthiques minimales plutôt qu’à des compétences sociales plus larges, une initiative que le gouvernement décrit comme garantissant la « neutralité » des organismes de réglementation.

Parmi les autres restrictions dignes d’intérêt pour nos membres, mentionnons l’interdiction faite aux organismes de réglementation de l’Alberta de promouvoir ou de mettre en œuvre des principes fondés sur l’équité et l’obligation d’adopter une position officielle de neutralité à l’égard de questions telles que les privilèges, les désavantages, l’origine nationale, l’identité de genre, les convictions de conscience, ou l’identité et l’orientation sexuelles. Ces changements ont une large portée et sont sans précédent parmi les organismes de réglementation canadiens.

Pour les orthophonistes et les audiologistes, ce projet de loi annonce un changement potentiel dans le cadre réglementaire. Cette loi aura une incidence sur la gouvernance relative aux permis d’exercice des membres d’OAC en Alberta. OAC suivra de près la mise en œuvre de ce projet de loi.

Le grand débat sur l’orthographe canadienne

Le récent débat autour de l’orthographe britannique par rapport à l’orthographe canadienne dans les documents fédéraux met en évidence le fait que les conventions linguistiques ne sont pas que des règles techniques : elles sont également des vecteurs d’identité culturelle et d’inclusion. Les linguistes et les réviseurs ont exhorté le gouvernement à réaffirmer les conventions de l’anglais canadien, soulignant qu’une orthographe cohérente favorise la clarté et renforce l’identité nationale. 

Pour les orthophonistes, les audiologistes et les aides en santé de la communication, cette discussion fait écho aux responsabilités professionnelles plus larges décrites dans l’exposé de position d’OAC sur les services d’orthophonie en milieu scolaire dans un contexte multilingue. OAC y souligne que les langues parlées à la maison, les dialectes et les identités culturelles sont essentiels au bien-être émotionnel, social et scolaire des élèves. Tout comme les conventions orthographiques reflètent l’identité linguistique unique du Canada, les pratiques éducatives adaptées sur le plan culturel et linguistique assurent un accès équitable à la communication et au développement de la littératie. 

Ce débat nous rappelle donc que les variantes linguistiques, que ce soit en matière d’orthographe, de dialecte ou dans des contextes multilingues, doivent être abordées avec humilité culturelle et dans une perspective axée sur les forces. Des conventions orthographiques cohérentes réduisent la confusion et favorisent une communication claire, tandis que la reconnaissance de la diversité des répertoires linguistiques aide les individus, les familles et les communautés à s’épanouir. Les professions de l’orthophonie et de l’audiologie jouent un rôle crucial dans la défense des intérêts en veillant à ce que les normes et les pratiques linguistiques reflètent la réalité multiculturelle et multilingue du Canada. 

Pour en savoir plus (en anglais). 

Principe de Jordan : Inquiétudes pour l’avenir du financement et pourquoi cela revêt de l’importance pour nos professions

Un récent reportage de la CBC souligne les préoccupations croissantes concernant l’avenir du principe de Jordan, un programme essentiel qui garantit aux enfants des Premières Nations un accès rapide aux services dont ils ont besoin en matière de santé, d’éducation et de services sociaux, y compris aux soins en orthophonie et en audiologie. Bien qu’Ottawa se soit engagé à verser 1,033 milliard de dollars pour maintenir le programme, aucun nouveau financement n’a été annoncé, ce qui suscite des craintes quant à la pérennité du programme et aux délais d’attente dans la prestation des services. 

Cette question souligne l’importance des priorités d’OAC en matière de défense des intérêts au niveau fédéral, plus particulièrement sur les points suivants : 

  • Accès aux soins dans les communautés autochtones et éloignées : OAC préconise la simplification des processus de remboursement liés au principe de Jordan, l’augmentation des investissements fédéraux dans les initiatives de santé auditive et orthophonique dirigées par les Autochtones, ainsi que l’expansion des services de télésanté et de cliniques mobiles. 
  • Ressources humaines en santé : Il est essentiel de mettre en place des modèles de financement durables pour recruter et retenir les professionnels qui fournissent ces services, en particulier dans les communautés rurales et éloignées. 
  • Détection et intervention précoces : Les délais d’attente dans la prestation des soins peuvent avoir des répercussions à long terme sur le développement des enfants, ce qui renforce notre volonté de promouvoir la mise en place de lignes directrices nationales en matière de détection et d’intervention précoces des troubles auditifs (DIPTA) et l’intégration des orthophonistes et des audiologistes dans les programmes d’éducation de la petite enfance. 

Pour vous tenir au courant, suivez les mises à jour d’OAC sur cet important travail de sensibilisation. Les résultats du sondage sur le principe de Jordan, qui a été envoyé aux membres en septembre 2025, seront bientôt communiqués et contribueront à ces efforts de défense des intérêts. 

Projet de loi no 2 de l’Alberta : Loi sur le retour en classe

Le projet de loi no 2, le Back to School Act (loi sur le retour en classe) de l’Alberta a été adopté par l’Assemblée législative le 27 octobre 2025 afin de mettre fin à la grève des enseignantes et des enseignants en leur imposant une convention collective et le retour au travail. Le recours à la clause dérogatoire, rarement utilisée et qui permet au gouvernement de suspendre certains droits garantis par la Charte canadienne des droits et libertés, a mis fin de manière précipitée à la grève des enseignantes et des enseignants albertains de 2025.

Pour les orthophonistes et les audiologistes travaillant dans les écoles, cette situation se traduira probablement par des changements soudains d’horaires, des retards dans les évaluations et les thérapies, et une charge de travail administratif supplémentaire à mesure que le personnel et les élèves réintégreront les écoles. Les cliniciens privés travaillant pour les écoles pourraient devoir composer avec des retards dans les orientations des cas et des changements dans les canaux de communication à mesure que les dossiers en retard seront traités.

OAC continue de suivre cette situation et d’informer ses membres des derniers développements.

Budget fédéral 2025 : mises à jour importantes pour les orthophonistes, les audiologistes et les aides en santé de la communication

Le budget fédéral 2025 marque un retour aux restrictions budgétaires, mettant l’accent sur les infrastructures, les investissements en capital, la stabilisation de la main-d’œuvre et de nouveaux critères pour l’utilisation des transferts en matière de santé. Plusieurs des éléments inclus dans le budget créent d’importantes possibilités de défense des intérêts pour les orthophonistes, les audiologistes et les aides en santé de la communication.

Clarification de la Loi canadienne sur la santé : un changement de politique déterminant

La nouvelle politique sur les services de la Loi canadienne sur la santé (LCS), qui entrera en vigueur le 1er avril 2026, constitue une avancée majeure pour les professions. Cette politique précise que les provinces et les territoires doivent garantir la couverture par l’assurance publique des « services médicalement nécessaires équivalents à ceux d’un médecin » lorsqu’ils sont fournis par d’autres professionnels de la santé réglementés.

Cette interprétation fédérale, appliquée dans le cadre du Transfert canadien en matière de santé (TCS), constitue un outil puissant de défense des intérêts des orthophonistes, des audiologistes et des aides en santé de la communication en vue d’inclure les services essentiels liés à la communication, à l’audition et à la déglutition dans les soins financés par les fonds publics. OAC continuera de collaborer avec ses partenaires afin de veiller à ce que cette politique se traduise par des améliorations notables de l’accès aux soins pour la population canadienne.

Ressources humaines en santé et reconnaissance des titres de compétences

Afin de remédier à la pénurie persistante de ressources humaines en santé (RHS), le budget prévoit la création d’un Fonds d’action pour la reconnaissance des titres de compétences étrangers, doté de 97 millions de dollars sur cinq ans à compter de 2026-2027. Ce fonds vise à simplifier le processus de délivrance de permis d’exercice pour les professionnels formés à l’étranger dans le domaine de la santé et dans d’autres domaines en demande.

OAC salue cet investissement, mais souligne que le recrutement et la rétention de la main-d’œuvre à l’échelle nationale demeurent essentiels. Nous continuons de demander au gouvernement fédéral les mesures suivantes :

  • Élargir le Programme canadien d’exonération du remboursement des prêts d’études afin d’y inclure les orthophonistes et les audiologistes.
  • Investir dans la capacité de formation des personnes diplômées et le soutien aux stages étudiants.
  • Accorder la priorité aux orthophonistes, aux audiologistes et aux aides en santé de la communication dans les initiatives nationales de planification de la main-d’œuvre dans le domaine de la santé.

Initiatives visant l’accès aux soins et l’équité

Le budget 2025 prévoit un investissement de 115,7 millions de dollars sur quatre ans afin de réduire les coûts pour les Canadiens et les Canadiennes qui demandent le crédit d’impôt pour personnes handicapées (CIPH) – une mesure qui profitera directement à la clientèle en rémunérant les professionnels autorisés à certifier les troubles liés à la parole et à l’audition, comme les orthophonistes et les audiologistes.

Le budget confirme également le maintien du financement du principe de Jordan pour la période 2025-2026, garantissant ainsi l’accès à des services vitaux pour les enfants des Premières Nations. OAC continue de plaider en faveur :

  • d’un investissement fédéral accru dans les initiatives en matière de santé auditive et orthophonique dirigées par les Autochtones,
  • de l’élargissement des programmes de télésanté et de cliniques mobiles afin d’atteindre les collectivités éloignées et mal desservies.

Écosystème de recherche et d’innovation

Le budget 2025 renforce l’engagement du Canada en faveur de la recherche et de l’innovation grâce à une Stratégie d’attraction des talents internationaux de 1,7 milliard de dollars et à un Fonds pour les infrastructures dans le domaine de la santé de 5 milliards de dollars, ainsi qu’à des investissements ciblés dans les sciences de la vie et la commercialisation. Ces initiatives ont le potentiel de faire progresser les soins fondés sur des données probantes et la viabilité du système de santé.

OAC continuera de surveiller la mise en œuvre de ces mesures et de préconiser des politiques qui renforcent l’accès aux soins en santé de la communication et en santé auditive partout au Canada.

Augmentation du nombre de places de stage en prévision du nouveau programme d’orthophonie de l’Université de la Saskatchewan

En juillet, la gestionnaire régionale de la défense des intérêts pour la Saskatchewan d’OAC a rencontré Mark Wyatt, sous-ministre adjoint de l’Enseignement supérieur, ainsi que des représentants de l’Université de la Saskatchewan, de la Régie de la santé de la Saskatchewan, du ministère de la Santé, et du ministère de l’Enseignement supérieur. Les discussions ont porté sur le soutien à apporter aux cliniciennes et aux cliniciens qui supervisent les stagiaires en milieu clinique en préparation du nouveau programme d’orthophonie de l’Université de la Saskatchewan, qui accueillera sa première cohorte en septembre 2026.  

Lors de cette rencontre, de nombreuses avenues pour accroître le nombre de places de stage ont été évoquées. La Régie de la santé de la Saskatchewan a indiqué que des fonds nécessaires avaient été approuvés pour la création d’un poste de coordinateur des préceptorats qui s’occupera du traitement des demandes de stage à l’échelle du réseau administré par la Régie. De notre côté, nous avons souligné que les cliniciennes et les cliniciens assument déjà de lourdes charges de travail et que le soutien administratif sera essentiel au cours des premières étapes des stages, alors que les exigences de supervision sont le plus élevées. Plusieurs mesures incitatives ont été évoquées en soutien aux précepteurs, notamment la rémunération journalière pour les activités cliniques, de la formation continue et des possibilités de perfectionnement professionnel. 

Les représentants de l’Université de Saskatchewan ont fait le point sur les réunions en cours avec les parties prenantes des secteurs de la santé, de l’éducation et des cabinets privés. Ils ont également relevé les difficultés rencontrées par les étudiantes et les étudiants vivant dans des régions rurales et isolées en matière de logement et ont évoqué la possibilité de stages virtuels comme solution possible.  

OAC a fait valoir la nécessité de mettre en place des aides au logement étudiant afin d’améliorer l’accès aux stages dans les régions mal desservies. Le sous-ministre Wyatt s’est engagé à mettre OAC en relation avec le ministère de l’Éducation pour explorer les possibilités de stages en milieu scolaire. De plus, les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur examineront la possibilité d’impliquer des employeurs du secteur privé pour accroître le nombre de places de stage à l’extérieur du réseau de la Régie de la santé de la Saskatchewan.